Littérature -.

Lou Darsan

Contre-Allée

18,50
Conseillé par (Libraire)
16 janvier 2023

Délicat & Troublant

Après L’arachée belle, sublime premier roman, Lou Darsan dévoile un peu plus de sa poésie dans ce second récit. S'il rappelle le précedent par le thème du voyage et de l’exploration de soi, cette fois-ci l’exploration est totale et le voyage se fait à deux. Exploration de nos relations, du vivant, de nos émotions fauves, rien ne semble échapper à ces pages, qui abondent d’images.
Les mots, la forme, ce roman est d’une sensibilité absolue, et il faut savoir se laisser porter pour véritablement l’apprécier.

Lucile

Conseillé par (Libraire)
16 janvier 2023

À découvrir !

Voila une sortie poche que je n'attendais plus ! Cinq années se sont écoulées depuis la publication chez Notabilia de ce premier roman d'une autrice Irlandaise qui m'avait marqué et que j'ai pris plaisir à parcourir à nouveau.
Relire la rencontre de ces deux marginaux, Ray & One Eye, l'immense solitude avant celle-ci et cette amitié si vite évidente, qu'elle bouleverse le quotidien.
Le tandem traverse les quatre saisons, dans une vieille bicoque ou dans une vieille auto, il se déploie, partage une pitance et le récit d'une vie. Un roman comme un monologue, précis, sensible et curieux.

Lucile

Timothée DEMEILLERS

Asphalte

10,00
Conseillé par (Libraire)
16 janvier 2023

L’usine à ciel ouvert

On ne sait pas vraiment si l’auteur à une fois mis les pied dans un abattoir mais l’écriture de l’expérience du travail à la chaîne, dans Jusqu’à la bête, est convaincante. C’est un monde clos pour beaucoup, et pourtant beaucoup trop répandu pour beaucoup, que Timothée Demeillers rend palpable grâce aux voies du roman noir.

Erwan est ouvrier près d’Angers. Il travaille au rythme des carcasses qui s’entrechoquent sur les rails. Pour échapper à la cadence, il tombe amoureux. Un amour qu’il paiera cher et les sentences de la répétition des tâches brisera ses espérances.

C’est donc l’écriture même, le style, qui, dans ce roman, sert la cause de la réalité de l’exploitation et de l’aliénation. Tout fait sens par le rythme. La vitesse de la chaîne épouse la structure des phrases.

Voici un ouvrage implacable sur les réalités ouvrières et l’industrialisation à outrance le jour où le dogme néolibéral nous impose encore et encore ses dures lois.

Julien

Un livre recommandé aussi par Sébastien & Aurélie

Éditions Allia

12,00
Conseillé par (Libraire)
16 janvier 2023

L'ordinaire de la guerre

Membre fondateur du collectif Inculte et des éditions du même nom, Oliver Rohe nous donne à lire un roman faussement simple et très brut quant l’expérience de la guerre du Liban (1975-1990).

Très autobiographique donc, Chant balnéaire relate à hauteur d’adolescent le quotidien d’une existence traversée par les armes, les ruines – mais avec une singularité toute puissante menant le lecteur, comme avec une caméra à l’épaule, sur les traces des vies conflictuelles.

Le décor est en lui-même atypique : quatre bungalows en marge du temps, trois piscines, un bassin, une plage, une jetée où l’arène d’interactions entre adolescents réfugiés de Beyrouth Ouest avec la guerre à moins de vingt kilomètres. Et des miliciens dont la présence muette rend inquiet les corps.

Ce que rend palpable l’auteur est la façon dont la violence imprègne la manière de penser, de sentir, de dire. Les corps s’éprouvent ainsi dans une sorte de cocon opaque et pourtant si fragile.

Chant balnéaire est le récit âpre d’une guerre civile et nous documente à propos de la vivance marquée par ce type d’événement : d’une vie ordinaire qui se confond sans cesse avec la guerre et inversement.

Julien

19,00
Conseillé par (Libraire)
11 janvier 2023

Troublant

Adapter un texte, que ce soit en BD ou au cinéma, c'est toujours un pari osé, car il faut imposer des images aux lecteurs; un choix, une esthétique, respecter l'œuvre initiale, tout en imposant son style.

Le moins que l'on puisse dire de cette adaptation de la nouvelle de Schnitzler, c'est que Manuele Fior a eu à cœur de transcender une esthétique autrichienne en s'inspirant de grands peintres comme Klimt.

Un monologue troublant et émouvant, magnifié par ce dessin et ces couleurs !

Une véritable réussite.

Aurélie